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Cloud : les attaques 2024-2025 visent le tandem technique-humain (Google, Microsoft, SFR)

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À l’heure où des acteurs comme Google, Microsoft ou SFR essuient attaques ciblées, ransomware et exploitation de failles zero-day, la sécurisation des environnements Cloud — des stacks AWS/Kubernetes à l’infrastructure pilotée par Terraform — devient critique. Infiltrations par vishing, compromis d’identités SaaS, mais aussi risques liés à l’automatisation massive (IaC) : la surface d’attaque s’élargit à mesure que les sociétés accélèrent sur le Cloud. Les menaces de 2025, les failles à ne pas négliger et les priorités pour renforcer la résilience des workloads se dessinent dans un contexte de désinformation, de jeux d’influence géopolitiques et de pression FinOps.

Face à la multiplication d’attaques sophistiquées — du vishing ciblant Google à l’exploitation de failles zero-day sur le cloud Microsoft — les équipes DevOps, FinOps et sécurité doivent repenser la protection de leurs stacks AWS/Kubernetes. Les risques qui pèsent sur les infrastructures cloud européennes imposent de revoir les stratégies de gouvernance et d’automatisation face à la montée des menaces, à la désinformation et à la pression réglementaire.

Des géants du numérique comme Google, Microsoft, Salesforce, des opérateurs télécoms comme SFR/Altice, des institutions publiques et des entreprises énergétiques figurent parmi les victimes récentes d’attaques orchestrées par des groupes criminels tels que ShinyHunters ou étatiques comme Linen Typhoon et Violet Typhoon. Ces campagnes mêlent exploitation de failles zero-day (SharePoint, Salesforce) et techniques d’ingénierie sociale (vishing, faux supports IT), causant vols de données, extorsion, compromission d’identités voire propagation de désinformation de masse.

La vague actuelle s’est accélérée de mi-2024 à l’été 2025 avec des incidents majeurs en Europe et dans le monde : en juin 2024, un vol massif de données chez Google via un Data Loader Salesforce compromis ; en juillet 2025, une faille critique de Microsoft SharePoint exploitée sur plus de 200 millions de comptes, touchant même des agences gouvernementales américaines ; et une multiplication des scams et attaques via messageries instantanées tout au long de 2024-2025, en France, en Europe, aux États-Unis — partout où des données critiques et des infrastructures cloud ou SaaS sont déployées.

Les modes opératoires montrent une diversité croissante : ingénierie sociale (vishing, outils SaaS piégés, workflows d’onboarding compromis), exploitation technique (zero-day sur SaaS, failles dans les infra IaC ou chaînes CI/CD), et manipulation informationnelle (campagnes de désinformation, fake news propagées en interne). La généralisation du cloud, des architectures microservices et de l’automatisation DevOps multiplie points d’entrée et angles morts. Un incident initial, facilité par l’humain ou l’orchestration IaC, peut se propager à grande échelle. Désormais, la menace vise autant la continuité opérationnelle que la confiance même dans les systèmes (désinformation, ransomwares).

En 2025, chaque pipeline IaC, workload Kubernetes et stack cloud constitue une cible potentielle. Défendre, auditer et sensibiliser devient impératif pour la survie technologique et économique.

Les douze derniers mois ont vu une succession d’incidents majeurs qui bouleversent les référentiels. Menaces industrialisées, hybrides : l’humain, le code, la plateforme sont attaqués de front.

  • Juin 2024 : Vol de données chez Google par attaque vishing sur Salesforce Data Loader. Les ShinyHunters monnayent les données et menacent de publication.
  • Juillet 2025 : 200 millions d’utilisateurs SharePoint exposés à une vulnérabilité exploitée par des groupes affiliés à Pékin, plusieurs institutions critiques victimes selon Eye Security et Microsoft.
  • SFR, dans un contexte de restructuration Altice, explicitement visé ; risques pour 20 millions d’abonnés mobiles et 6 millions d’abonnés internet.

« Les pirates se réclament du célèbre groupe ShinyHunters, probablement afin d’accroître la pression sur leurs victimes », selon Google Threat Intelligence. Pour Christel Heydemann, directrice générale d’Orange : « Nous pensons qu’il y a un besoin de consolidation tant en France qu’en Europe », dans un contexte de risque d’exposition des télécoms à des capitaux étrangers.

Les équipes IT, DevOps, Cloud font face à une hausse nette du vishing, même sur les comptes administrateurs cloud, rendant incontournable l’authentification forte. La surface d’attaque explose : erreurs de configuration IaC (Terraform, CloudFormation), shadow IT (workloads orphelins, rôles non audités) créent des brèches. La moindre faille sur un SaaS ou un pipeline CI/CD peut impacter toute la chaîne logicielle, la supply chain devient poreuse. S’y ajoute une pression réglementaire et géopolitique grandissante : débat sur la souveraineté cloud et télécom, GDPR renforcé, évolutions des obligations de conformité.

Outre les aspects techniques, la désinformation vise la confiance des organisations : fake news sur des vulnérabilités cloud, rumeurs propagées via Slack/Teams, qui déstabilisent et sapent la réactivité.

Ce paysage s’inscrit dans une évolution historique. Dans les années 2010, la migration cloud promettait agilité et mutualisation des risques. Mais déjà, des incidents (Amazon S3 buckets publics, fuites de credentials Github, attaques Spectre/Meltdown) en montraient les limites. Depuis 2020, les ransomwares se sont industrialisés, les attaques sont devenues « full stack » et ultra-ciblées. La faille peut survenir d’une erreur humaine, d’un maillon défaillant sur la supply chain logicielle, ou d’un simple défaut dans l’automatisation.

Des études récentes dressent le constat suivant :

  • IBM X-Force (2024) : 83 % des incidents cloud sont dus à une faille de configuration ; la moitié ne sont détectés qu’après une alerte externe.
  • ANSSI : progression à deux chiffres des attaques cloud critiques chaque année, 60 % impliquent la fraude sociale.
  • Verizon DBIR : plus de 50 % des incidents SaaS/Cloud sur 2025 concernent des credentials détournés ou pipeline DevOps compromis.

Sur le plan international, les États-Unis misent sur la souveraineté (FedRAMP), l’Europe sur le cloud de confiance (GAIA-X), la question de la maîtrise télécom redevient stratégique (cf. SFR/altice). Les défenses se renforcent, zero trust devient la norme (MFA partout), mais le facteur humain demeure l’angle mort — surtout avec le télétravail et la prolifération du shadow IT.

D’autres chiffres et tendances majeures émergent :

  • 32 % des ransomwares 2024-2025 exploitent l’absence de MFA ou des credentials exposés sur des dépôts publics.
  • 38 % des incidents cloud européens sont dus à des failles IAM.
  • 60 % des vulnérabilités SaaS sont causées par des plugins tiers ou des droits excessifs.
  • Une simple erreur sur une policy Terraform suffit à exposer la totalité d’un bucket S3 en moins de 9h.
  • Un workload cloud oublié coûte en moyenne 220 €/mois et multiplie les risques.
  • 70 % des attaques simulées internes exploitent une faille humaine, 40 % des alertes AWS Security Hub restent non traitées plus de 72h.
  • Une rumeur de faille AWS non vérifiée génère jusqu’à 5 fois plus d’activité de gestion de crise qu’une alerte confirmée.
  • Délais de patch SaaS zero day : 7 jours en médiane, alors qu’un exploit circule en moins de 48h.

Pour auditer et sécuriser, des outils existent : Checkov pour l’IaC, kube-bench pour K8s, Falco pour la partie runtime, AWS Trusted Advisor pour l’audit continu. Les bonnes pratiques incluent la systématisation du MFA, la rotation régulière des clés, l’audit et le nettoyage des droits IAM sur AWS et dans K8s, le scan automatisé de secrets dans les dépôts (GitGuardian), et le scan des images Docker (Trivy, Clair). Pour contrer la désinformation, la communication sécurité doit être centralisée via un channel officiel Slack/Teams, et des simulations de viralité peuvent être mises en place.

La formation reste un pilier : certifications CKA, AWS SA, Terraform Associate, campagnes internes de phishing et d’intrusion contribuent à sensibiliser et à muscler la posture de sécurité. Le partage de veille technique (newsletters, alertes CERT/ANSSI) doit devenir automatique.

La sécurité cloud n’est plus l’affaire d’une poignée d’ingénieurs, mais une démarche transverse qui implique DevSecOps, FinOps, les directions métiers. L’approche « Auditez, outillez, sensibilisez… puis recommencez ! » s’impose.

L’environnement de menace continue d’évoluer, porté par la concurrence internationale, la pression budgétaire et la montée en puissance des acteurs malveillants. Seuls la collaboration, la formation et l’automatisation permettront d’anticiper le prochain défi.

Pour aller plus loin : outils de simulation et de sensibilisation, checklist à télécharger, veille sécurité à partager, et retours d’expérience à échanger lors des prochains rendez-vous de la communauté.

À garder en tête : la prochaine faille pourra être humaine, technique, ou algorithmique. Vigilance et agilité restent de mise.

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